Accueil / Arts et culture / Pierre de Ronsard – Je n’ai plus que les os
Poésie – Podcast 002

Pierre de Ronsard – Je n’ai plus que les os
Poésie – Podcast 002

Vivre
Lorsque j’étais au cégép, dans le cadre du premier cours de français littérature, j’ai dû comme bon nombre d’entre-vous, analyser de nombreux poèmes. Il y a eu un poète qui m’a marqué tout particulièrement  par ses diverses poésies, il s’agit de Pierre de Ronsard (1524-1585) [fr]. L’un de ses sonnets qui a été publié après sa mort dans les Derniers vers en 1586, intitulé Je n’ai plus que les os, décrit bien l’événement d’une mort imminente sur un ton réaliste et macabre. Il est possible d’observer ces remarques face à l’impuissance de la médecine ainsi que la tristesse qui envahie les gens qui craignent la venue de cet évènement fatal auprès d’un être cher, mais par dessus tout, ils craignent leur propre mort éventuelle.

Vous trouverez donc ci-dessous ce magnifique sonnet que j’ai voulu à l’époque apprendre par coeur, et dont je souhaite aujourd’hui partager avec vous mon interprétation.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


Durée : 1:35 min | MP3 de 1.5 Mo

Je n’ai plus que les os…

Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,
Décharné, dénervé, démusclé, dépoulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé;
Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.

Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,
Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé;
Adieu, plaisant soleil ! Mon oeil est étoupé,
Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble.

Quel ami, me voyant en ce point dépouillé,
Ne remporte au logis un oeil triste et mouillé,
Me consolant au lit et me baisant la face,

En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
Adieu, chers compagnons ! Adieu, mes chers amis !
Je m’en vais le premier vous préparer la place.

 

Pierre de Ronsard

fiche auteur

Qui est Pierre de Ronsard ?

Prince des poètes et poète des princes, Ronsard marque son époque par la façon dont il renouvelle et enrichit la poésie de son temps.
 

De l’enfance à la formation

Né en 1524 dans une famille noble et cultivée du Vendômois, Pierre de Ronsard passe l’essentiel de ses douze premières années au contact de la nature, dont il gardera un souvenir émerveillé et fidèle. Cadet de famille, destiné à la carrière militaire ou diplomatique, il devient à douze ans (1536) page des enfants du roi, puis l’humaniste Lazarre de Baïf l’introduit dans les milieux lettrés.
 
À cette époque, une maladie le rend sourd ; il se lie avec plusieurs humanistes et participe à la rédaction de Défense et Illustration de la lanque française.
 

Des débuts prometteurs à la gloire incontestée

En 1550, quatre premiers livres d’Odes imitant le poète latin Horace ou inspirées du poète grec Pindare reçoivent un accueil médiocre. Le second recueil, Les Amours de Cassandre, paru en 1552, sacrifie à la mode d’alors : très marqué par Pétrarque, il chante l’amour inspiré par une jeune fille entrevue à la Cour quelques années auparavant ; les recueils suivants, ceux des Continuations des Amours notamment (1555 et 1556), vont dans le sens d’une plus grande simplicité. La gloire de Ronsard grandit, et il s’impose à la Cour.
 

Des fonctions officielles au déclin et à la mort

Outre la poésie amoureuse, Ronsard publie les recueils des Hymnes (1555 et 1556), où il fait l’éloge de ses protecteurs, ainsi que des oeuvres à caractères philosophique et des divertissements de circonstance; il occupe à la Cour des fonctions officielles et s’engage aux côtés des catholiques dans les guerres de Religion, comme en témoignent les Discours des Misères (1562 et 1563) et la Réponse aux injures et calomnies (1563)
 
Lorsque son rôle officiel commence à décliner après l’échec de la Franciade en 1572, il se consacre à la poésie : les sonnets Sur la mort de Marie et Pour Hélène (1578), et les Deniers vers, posthumes, sont marqués par l’évocation de la vieillesse et de la mort. Il retouche aussi les éditions de son oeuvre. À sa mort, en 1585, des funérailles exceptionnelles témoignent de sa célébrité.
____
Source: SABBAH, Hélène et autres, Littérature Textes et Méthodes, Ville LaSalle, 1994, 415p.

Autre lien intéressant :
Biographie de Pierre de Ronsard [fr] sur À la lettre [fr]

1 étoile2  étoiles3 étoiles4  étoiles5 étoiles (8 votes, en moyenne pour ce billet: 3,00 sur 5)
Loading ... Loading ...

8 commentaires

  1. Bonjour,
    Il est bien votre blog à deux, belle initiative. J’aime bien ce sonnet de Ronsard, ça nous change un peu de ses Amours…
    J’ai moi-même commis des sonnets, si la curiosité vous prend d’en lire quelques-uns, j’aimerais bien avoir votre avis.
    Cordialement,
    Jean-Marie Le Ray

  2. Merci pour votre commentaire. Personnellement, la poésie est une chose pour laquelle j’ai beaucoup d’intérêt. J’ai longtemps écrit des poèmes plus jeunes, mais depuis quelques années je n’ai plus trouvé la verve, ni le temps d’écrire. Toutefois, sur ce blogue je retranscrirai les poèmes de quelques auteurs qui me plaisent.

    Je suis allée sur votre blogue, mais je n’ai vu aucun poème. Votre blogue me semble tout nouveau. Enfin, je serais intéressée à lire vos poésies lorsque vous les aurez affichées.

    au plaisir!

  3. Bonsoir Nicole
    En faisant une recherche "Ronsard + Saumur" je suis tombé sur votre blog.
    Vous m’avez permis de redécouvrir ce sublime poème "Je n’ai plus que les os" que j’avais oublié.
    J’ai pris un grand plaisir à vous écouter.
    Merci.
    PS : et Saumur dans tout cela ;-?

  4. Mois aussi a fait une recherche de Ronsard et j’ai decouvre votre blog.Je suis une etudiante de la langue Francais et il me plait beaucoup d’ecouter ce poeme.Pardons les erreurs d’ecrire mon computer ne me laisse pas faire les accents propres. 

  5.  Je suis dans le collège Pierre de Ronsard , et c’est très plaisant de voir les poèmes qu’il écrivait.

  6. je trouve que pierre Ronsard a écrit de très beau poèmes c’est vraiment magnifique

  7. Je voudrais lire le texte de la poésie:
    Mignonne, allons voire si la rose
    qui ce matin avait déclose
    sa robe de pourpre au soleil
    a point perdu cette véprée
    les plis de sa robe pourprée…

  8. Bonjour à tous,

    Etant donné que je lis énormément de poésies en ce moment et ce depuis plusieurs mois, Ronsard pour moi à cette époque est un vrai génie dans le genre poésie romantique.

    Je viens tout juste de terminer son livre « Les amours », on voit bien le style de l’époque du 16eme siècle et j’ai vraiment beaucoup aimé toute son oeuvre et notamment « L’Ode à Cassandre » qui reste toujours mémorable et elle est ma préférée : « Mignonne, mignonne, allons voir si la rose, … ».

    Il reste et restera toujours un vrai poète de son temps et sera gravé dans ma mémoire.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs nécessaires sont identifiés par un *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Retour en haut