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Poésie – Podcast 003

Charles Baudelaire – L’albatros
Poésie – Podcast 003

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Lorsque j’étais en troisième secondaire, dans le cadre de mon cours de français, j’ai dû apprendre par coeur de nombreux poèmes pour les réciter debout à côté de mon pupitre. Nous avions tous hâte de nous rasseoir une fois que nous avions terminé de dire nos vers. Pour certains, c’était vraiment une épreuve pénible. Pour d’autre comme moi, c’était un peu stressant mais j’aimais bien l’idée d’interpréter un poème et de le réciter un peu comme lorsqu’on chante une chanson que l’on connaît bien. D’ailleurs, c’est une autre chose que j’aime bien que de chanter, même si je ne chante pas toujours juste, les paroles de chansons que j’écoute.

Bref, voici donc un poème de Charles Baudelaire (1821-1867) [fr] que j’aime beaucoup, L’albatros qui fait parti du recueil de poème Les Fleurs du mal [fr] publié en 1857. Vous trouverez donc ci-dessous ce sonnet que j’ai dû à l’époque apprendre par coeur et qu’aujourd’hui j’aime encore pouvoir le réciter de mémoire.

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Durée : 1:04 min | MP3 de 1.0 Mo

L’albatros

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à coté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid!
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait!

Le Poête est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

 

Pierre de Ronsard

fiche auteur

Qui est Charles Baudelaire ?

Placée sous le signe d’une double obsession, la douleur du spleen et la lumière de l’idéal, la vie de Baudelaire [fr] se révèle comme un constant déchirement.
 

Du bonheur à la vie de bohème

Issu d’un milieu bourgeois cultivé et raffiné, Baudelaire vit une enfance heureuse. Mais la mort de son père, en 1827, et le rapide remariage de sa mère avec le général Aupick, en 1828, sont vécus comme un double drame. À Lyon, puis à Paris, l’adolescent suit des études parfois agitées. En 1839, il commence à apprendre le droit. C’est alors qu’il se brouille avec son beau-père, inquiet de ses fréquentations : le jeune homme se plaît surtout dans le milieu bohème et marginal des artistes et des prostituées.
 

Du voyage exotique à la création littéraire

Pour l’éloigner de ces influences, sa famille l’embarque sur un paquebot à destination de Calcutta. Mais le voyageur abrège son périple après un séjour dans les îles de l’océan Indien. De retour à Paris, il mène une vie de dandy: dépenses multiples et tapageuses, apparence vestimentaire facilement provocante, refus de la morale bourgeoise. Il se lie avec la mulâtresse Jeanne Duval. Inquiets de voir son héritage rapidement dilapidé, ses parents imposent qu’un notaire gère ses biens: le jeune homme doit alors travailler pour vivre. il devient critique d’art et se fait connaître par les Salons de 1845 et de 1846, ainsi que par ses premières traduction d’E. Poe.

Sa vie affective est alors dominiée par trois femmes: Jeanne Duval, Marie Daubrun et Madame Sabatier. En 1857, il publie le recueil des Fleurs du mal, sur lequel il travaille depuis plus de dix ans. La publication est rapidement suivie d’une condamnation pour «offense à la morale publique et aux bonnes moeurs». Bouleversé, le poète se juge incompris.
 

Inspiration et déchéance

Malgré sa déception, Baudelaire continue les Salons et rédige des articles de critique littéraire. il compose un recueil de poèmes en prose, Le Spleen de Paris, qui sera publié après sa mort, s’interroge sur la drogue et les »paradis artificiels» (1860), poursuit la traduction d’E Poe. Êpuisé par les névralgies et les vertiges, il tente une expatriation en Belgique, de 1864 à 1866, mais n’y connaît aucun succès. De retour en France, il meurt le 31 août 1867, paralysé et privé de la parole.
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Source: SABBAH, Hélène et autres, Littérature Textes et Méthodes, Ville LaSalle, 1994, 415p.

Autre lien intéressant :
Biographie de Charles Baudelaire [fr] sur À la lettre [fr]

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11 commentaires

  1. c’est mal lu, il manque toute les liaisons

  2. Je suis désolée si mon interprétation ne vous plaît pas. Peut-être pourriez-vous nous proposer une lecture de ce poème que vous jugez plus juste et adéquate.

    Je souhaite souligner que je fais ces podcasts pour mon propre plaisir et pour celui de ceux qui apprécient avoir une interprétation des divers poèmes que j’affiche sur ce blogue. Je le fais sans aucune prétention, c’est uniquement un passe-temps.

    Finalement, je vous dirais ceci, il est possible que j’aie omis certaines liaisons lors de la lecture de mon poème. Toutefois, j’ai remarqué que dans la petite ligne de texte que vous avez soigneusement tapée, et qui je tiens à préciser n’a rien d’une phrase puisqu’il manque la lettre majuscule au début et le point à la fin, vous avez été capable de faire une faute de grammaire.

    Entre vous et moi, peut-être que je ne lis pas bien et, par conséquent, je tâcherai de m’améliorer lors des prochains podcast. Mais qu’en est-il pour vous? Ne devriez-vous pas être plus attentif lorsque vous écrivez vos commentaires afin d’éviter de mal écrire cette merveilleuse langue qu’est le français?

  3. Ah, le plaisir d’avoir son propre carnet (d’ailleurs, Geoffroi, où es-tu ?) et  bercer sous une pluie d’acclamations :) Ou pas… m’enfin, je ne m’en ferais pas trop avec les commentaires trop simplistes.En fait, j’écris aussi pour attirer votre attention sur deux coquilles. Je n’ai pas vérifié, mais mon petit doigt me dit que les dates de ce passage sont un centenaire trop tard : "Mais la mort de son père, en 1927, et le rapide remariage de sa mère avec le général Aupick, en 1928".Finalement, j’en profite pour mentionner LibriVox qui regorge d’enregistrements amateurs de poèmes et de livres.  

  4. Merci Robin,

    effectivement j’ai commis cette erreur en retranscrivant le texte de mon livre de littérature. J’ai changé les dates sans les barrer, personnellement je trouve ça «moche», surtout dans une fiche, d’appliquer ce genre de normes sur le contenu des billets.

    Pour ce qui est de Geoffroi, il ne devrait pas tarder à écrire un billet, ça fait des jours et des jours que je lui dis qu’il devrait se pointer le nez sur son blogue de couple. Autrement, c’est vrai que je peux avoir l’air d’une femme célibataire qui s’invente un époux imaginaire! Smiley

    Merci encore pour votre commentaire! 

  5. I really enjoyed this rendition.  A beautiful voice, and a reading which helped me to understand why the French love Baudelaire so much.  Thank you.

  6. Hi there, Here is my version of the poem Albatros, read by a French native speaker: http://parisbypod.com/2007/12/01/poetry-charles-baudelaire-lalbatros/ For me, being French, it’s "strange" to hear the text of Baudelaire with your accent… but definitively charming too ! It gives another dimension to it. I’m planning to add more poems and French texts, I’d be curioous to know which ones you would like to hear – if any ;-) Your website is really good-looking & clear, congratulations ! Yannick

  7. Yannick,

    je suis Canadienne, Québécoise et la langue que je parle couramment est le français. Je comprends que pour un Français, la manière dont nous parlons ici au Québec puisse paraître tout autre que du français et que nous puissions sembler avoir un accent, mais selon moi, nous n’avons pas plus d’accent que les Américains en ont pour les Anglais.

    Merci pour le commentaire concernant le design de notre blogue, nous l’apprécions beaucoup. Et je suis flattée que mon accent puisse être charmant à vos oreilles!

    Vous comprendrez mon étonnement quand j’ai lu votre commentaire en anglais… pourtant tout le blogue est en français… 

  8. Bonjour Nicole,
    Ce poème de Baudelaire est aussi mon préféré, il dit notre maladresse à vivre selon nos idéaux…  Bref, la poésie au secondaire, c’est bon.  En passant, on écrit je suis québécoise avec une minuscule quand il s’agit d’un adjectif et je suis une Québécoise quand c’est un nom…  En ce qui concerne Yannick, nous parlons français et pour nous, Québécois, c’est vous qui avez l’accent.  À l’école, nous apprenons un français international, mais il est vrai que plusieurs d’entre nous parlent une langue plus familière avec des expressions et des prononciations qui vous échappent…  Cependant vous avez le verlan et vous êtes "scotchés" devant votre télé, pendant que nous sommes captivés, vous faites du "shopping", alors que nous magasinons…  Pour nous, il n’est pas "in" de parler anglais et quand un Français s’adresse à nous dans cette langue, c’est un peu comme s’il envoyait le message condescendant suivant: "De toutes évidences, vous ne maîtrisez cette langue, donc je vais vous parler en anglais"…  Ou alors vous admirez cette langue, alors que la nôtre est si belle et pleine de diversitésd…
     
    Lyne

  9. Bonjour Lyne,

    merci pour ton commentaire et la réponse que tu as écrite à Yannick m’a bien fait sourire.

    Toutefois, je dois également te corriger si tu me le permets. Dans un cas tel que «Je suis» ou «il est» par exemple, l’adjectif peut prendre une majuscule. Je crois que c’est probablement dû au fait que l’article indéfini «une» est sous-entendu.

    «On notera aussi que, dans une construction comme Sylvain est canadien (ou Canadien), on peut employer indifféremment l’adjectif canadien, avec un c minuscule, ou le nom Canadien, avec un c majuscule.»

    Office de la langue française

    Bref, dans ce cas-ci les deux façons de l’écrire sont acceptables. ;o)

  10. je voulais juste dire que je suis entraint de l’apprendre cette poésie a l’école

  11. beautiiful blog merciiiiii

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